(suite du marchand d'esclaves ^^)
Comment ça "non" ?
Ce Vampire n'avait donc pas lu cet immense chef d'oeuvre qu'était "Alice au Pays des Merveilles" et où il tenait un rôle non négligeable de Chat toqué, aussi toqué que les autres ?
Bon, soit, personne n'est parfait, songea le Chat, un peu déçu néamoins.
Mais le Vampire avait d'autres qualités non négligeable pour le Chat esthète que l'idée d'avoir un compagnon chantant séduisait. La Solitude était sûrement la pire compagne millénaire et Angelot chasserait sûrement Solitude et Silence de chez lui, qui s'y attardaient de trop.
Quant à l'inculture, Angelot se reçut un coup de bouteille sur la tête et l'Ange lui jeta un regard réprobateur avant de chantonner :
Incultivé ! Incultivé !
On dit inculte, jeune Angelot !
La bouteille avait néamoins produit un joli son un peu creu en frappant le crâne du Vampire, certes pas assez fort pour le sonner, mais suffisemment pour le rapeller à l'ordre. C'est cette sonorité sympathique que retint le Chat, plus préoccupé par cela que par le coup porté au Vampire et il décida que l'allée du marchand d'esclave n'était pas vraiment adapté aux palabres.
C'est donc d'un pas guilleret que le Chat prit la direction de la sortie du marchand d'esclave, accompagné par un Vampire qui ne semblait pas des plus farouche quant à la servitude. Le fait d'être tutoyé ne le gênait absolument pas, il y avait fort longtemps que lui-même avait renoncé à la règle du vouvoiment, sauf peut être avec Dieu, son Créateur... Enfin, le Prince Adaniel.
La remarque de son compagnon quant aux souris lui tira un sourire connaisseur et il renchérit nonchalemment :
Oh, ces animaux stupides ?
Parfois elles trottent, courent et farfouillent
Juste sous mon nez !
Comment dans ces cas là,
Ne pas les croquer ?
Pauvre Angelot ! Il était tombé sur le seul Ange des Cieux complètement fauché, alcoolique notoire et sourivore...
Mais au fond, sans doute valait-il mieux cela plutôt que de tomber sur un Ange Pervers, Sadique et Cruel...
Guidant son compagnon hors de la ville, bondissant de son pas guilleret et un peu félin, Cheshire reconnu bientôt au détour du sentier la vieille ferme en ruines qui l'abritait.
Le chemin de terre s'arrêta à la faveur d'un terrain vague composé de herbes hautes et de ronces, de temps à autre coupé par une meule de foin dont les reliefs applatis trahissait que l'Ange y dormait souvent.
Se frayant un chemin entre les herbes, le Chat chantonna en ceuillant une paquerette au passage :
Bienvenue dans ma demeure, Angelot.
Voici donc ma tanière,
Il y aura bien de la place pour toi...
Poussant la vieille porte vermoulue par le temps, le Chat traversa un hall poussièreux et orné de toiles d'araignées à moitié éventré par la chute d'un pan de mur, grimpa un esclalier de bois branlant - au point que l'on pouvait se demander comment le Chat avait réussit à ne jamais passer au travers - et gagna le bout d'un corridor sentant le renfermé.
Puis il poussa une autre porte, dévoilant la seule pièce habitable de la demeure ancienne.
Une vaste cheminée occupait tout un pan de mur, un parquet ciré grinçait sous les pas et un immense lit à baldaquins offrait le luxe d'un matelas moelleux à souhait.
Une fenêtre encore en bon état donnait sur le jardin - enfin, le terrain vague environnant - et une petite porte ouvrait sur une salle de bain parfaitement fonctionnelle. Une haute armoire en chêne et un bureau muni d'une chaise étaient les seuls meubles de la maison.
Des tas de papiers ou boulettes de papiers jalonnaient la pièce et créaient de haut monticules sur le bois sombre du bureau.
Quelques piles de livres jonchaient aussi la pièce.
Otant ses tongs, le Chat se jeta joyeusement sur son lit, s'étalant à plat ventre dessus avant de sussurer d'une voix aigrelette étouffée par l'édredon :
Installes-toi donc, prends tes aises.
Bienvenu chez moi,
J'irais dès demain te trouver des vêtements.
Et puis quant à la nourriture...
Je doute d'avoir encore très bon goût
et mon corps est trop fragile
Mais ce soir tu peux boire un peu à mon poignet.
Tendant le bras, le Chat bailla et posa son regard bleuté, brillant de tranquille folie, sur le Vampire, songeant définitivement, que ces Créatures étaient tout de même facile à nourrir.
Lui même n'avait avalé que de l'alcool depuis deux jours, il faudrait qu'il songe à quémander de quoi subsister au Palais.
Parfois, son Créateur, lassé de le voir si maigre, lui donnait une bourse avec ordre d'en faire bon usage.
Mais le Chat avait toujours la fâcheuse manie de Boire...
Après tout, c'était de l'argent liquide...
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